Bouvy-Kelders et Renault s’isolent en tête des championnats après leur 2e place aux 12H de Spa

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En tête durant plus de la moitié d’une épreuve disputée dans des conditions dantesques, encore à trois dixièmes de seconde de la première place après 11h de course, la Renault Mégane N°1 de Bouvy-Kelders-Horion s’est malheureusement inclinée pour moins de 17 secondes après 12 heures d’un combat de tous les instants.

Pointée en tête aux caps des 3h et 6h de course, elle réalise néanmoins la bonne opération au championnat Belgian Touring Car Series, la paire Bouvy-Kelders marquant autant de points que les lauréats Van de Poele-Radermecker et prenant 9 unités à Stéveny-de Radiguès.

Mais bien sûr, quand on s’est battus comme des diables, à la seconde, durant un tour d’horloge, une si courte défaite ne peut qu’inspirer un premier sentiment de déception.

« On est tous un peu déçus, c’est certain, » reconnaissait le patron des troupes Gilles Terlinden. « On a tous travaillé très fort pour gagner cette course et échouer si près du but n’est pas facile à digérer. D’un autre côté, on n’a aucun regret à nourrir. Hormis un petit tuyau de commande hydraulique au niveau de la boîte très vite réparé (un tour) sur la numéro 2, on n’a pas rencontré le moindre souci sur nos trois Mégane durant 12H. C’est déjà une très belle récompense du boulot accompli. Nous étions les plus rapides sur le sec comme l’attestent notre première ligne avec la pole de Stéphane et le meilleur temps en course de Geoffroy Horion. Hélas, sous la pluie, les deux équipages ont opéré un compromis au niveau des réglages. Et il a un peu plus plu que ce que nous avions imaginé. »

Sur la N°1, Fred Bouvy a pris la tête très tôt pour marquer un maximum de points aux 3h où il résistait parfaitement à la pression d’Eric Van de Poele. « Ensuite, alors que l’on semblait en mesure de partir grâce notamment à des doubles relais avec nos pneus, on a été ralentis par un « Drive Through » pour une rentrée un peu trop rapide de Fred dans les stands (coût 40 secondes) puis par la sortie d’une safety car réduisant à néant une avance de plus d’une minute. »

Cela n’empêchait pas un excellent Geoffroy Horion, auteur d’un quasi triple relais de haute facture, de passer le cap de la mi-course en tête, toujours suivi comme son ombre par la voiture rivale.

Après son unique relais où il signa de bons chronos sur le sec avant de se laisser surprendre lors de son tour de rentrée, en slicks sous la pluie, Christian Kelders a accepté de se sacrifier pour son équipe : « Un geste que ses équipiers et tout le Delahaye ont fortement apprécié. C’était notre seule chance de continuer à lutter face à trois pros. »

Mais le ciel en décida autrement. « J’ai tout donné lors de mon dernier relais, en vain, » expliquait Fred Bouvy. « Je ne pouvais rien faire sur le gras mouillé face à Radermecker. Ce sont les pires conditions dans lesquelles la Mégane souffre de son empattement plus court. Mais on s’est tous bien battus. Les mécanos, mes équipiers, tout le monde a fait du super boulot. C’est frustrant bien sûr de perdre une si longue épreuve de si peu, mais on a fortement contribué au spectacle et donné de la valeur au succès de nos rivaux qui ont réalisé la course quasi parfaite. Bravo à eux. La fin de championnat s’annonce passionnante. On s’est donné un peu de marge. Je suis confiant pour la suite. »

Partie en pole, la Mégane N°2 aurait dû compléter le podium. Hélas, un petit souci mécanique lui coûta d’abord un gros tour au quart de l’épreuve. Rien de grave. Le trio Lémeret-Mondron-Schroyen récupérait très vite le troisième rang avant de se faire percuter sous « safety car » par la voiture sœur, la N°5 alors pilotée par Laurent Richard.

« Je venais de repartir des stands et un tuyau servant à refroidir l’habitacle s’est détaché. Je le tenais entre mes jambes et voulais profiter de la neutralisation de la course pour essayer de le refixer. Hélas, en arrivant sur la queue de la file, j’ai été surpris par la faible vitesse. Je me suis mis en tête-à-queue mais cela n’a pas suffi et j’ai percuté la voiture de mes équipiers à l’arrière droit. Je suis terriblement confus de cette erreur, » se désolait le Français qui, assisté de ses compatriotes Alexandre Viron et Pierre-Etienne Bordet échouaient au pied du podium à une très belle 4e place.

A nouveau accablé par la malchance, Stéphane Lémeret restait philosophe après une très belle remontée de la 28e à la 8e place : « L’erreur est humaine. Ce n’est pas de chance mais c’est la course. Honnêtement, notre place était la troisième. On n’aurait pas pu rivaliser avec les deux premiers. On a perdu de gros points. Désormais le championnat est quasi plié pour nous. On va pouvoir se lâcher pour viser des victoires lors de la deuxième moitié de saison. Edouard et moi en avons le potentiel. Notre Mégane aussi, du moins sur le sec. Bravo et merci à l’équipe Delahaye pour le temps record dans lequel ils ont pu réparer les dégâts suite à notre accroc. Au moins, cela a permis à Edouard de découvrir Francorchamps de nuit !»

Tout le monde au sein du Delahaye Renault Team a déjà hâte de se retrouver dans moins de trois semaines au même endroit pour tester le futur format des Belgian Racing Series avec une manche d’une heure le vendredi et deux sprints d’une demie heure le samedi en lever de rideau des 25H VW Fun Cup.

Le Delahaye rêve d’un podium 100% Mégane aux 12H de Spa, mais…

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« On vise avant tout une 3e victoire »

 Victorieux du tour d’horloge spadois en 2007 et 2008, le Delahaye Renault Team a échoué sur la 2e puis la troisième marche du podium suite à des petits accrocs lors des deux dernières éditions. Mais la fiabilité de la Renault Mégane n’a jamais été prise en défaut lors des dernières quarante-huit heures. Un sérieux atout avant d’entamer une endurance tenant particulièrement à cœur de toute l’équipe wavrienne…

«Cela fait des semaines que l’on prépare ces 12H à l’atelier, » explique Gilles Terlinden, l’un des patrons du DRT. « C’est un bel événement, la plus grande course du championnat BTCS qui à elle seule engendre quasi autant de plaisir et de retombées que le titre. On est donc tous particulièrement motivés à l’idée d’y renouer avec un succès nous échappant les deux dernières années en vue de l’arrivée. On s’est rendu compte que la Mégane new look et couronnée en 2009 et 2010 n’avait pas encore gagné cette épreuve. On tient absolument à combler cette lacune. »

Face à une concurrence de mieux en mieux armée, Delahaye alignera non pas une mais bien trois Mégane Silhouette. « Dont deux viseront la victoire comme il y a quatre ans, » s’enthousiasme Pierre Sevrin, chargé des ultimes essais en présence des troisièmes pilotes et déjà à pied d’œuvre à Francorchamps depuis mardi. « Geoffroy Horion et Julien Schroyen ont vite retrouvé leurs sensations. Ils connaissaient déjà l’ancien modèle de la Silhouette aligné par des teams concurrents et ont apprécié notre version de la Mégane. Ils constitueront à n’en point douter des renforts de premier choix, à la fois rapides et expérimentés. »

« On ne vient pas pour mesurer la vitesse du vent, » se marre le Liégeois Horion. « Partager le volant de Fred Bouvy sur la Mégane championne en titre et en tête du championnat constitue un réel plaisir. Ces Silhouettes sont nettement plus jouissives que les dernières GT que j’ai eu l’occasion de piloter.»

Une motivation partagée par Christian Kelders, le troisième homme de la « rouge » N°1 arborant un nouveau look dans la lignée des deux autres voitures de l’équipe. «Après mes déconvenues des deux dernières éditions, je souhaite vraiment remporter cette course. J’y tiens personnellement plus qu’un titre auquel j’ai déjà goûté. La perspective de pluie ne me fait pas peur. Je me sens de plus en plus à l’aise au volant de la Mégane et je reviens du Maroc où j’ai terminé quatrième de mon premier rallye sur terre. Un bon entraînement pour la glisse…»

Pour Fred Bouvy en quête d’une quatrième victoire aux 12H, la principale opposition viendra de la voiture N°2, la Mégane jaune que partageront les anciens lauréats de l’épreuve Stéphane Lémeret (2004) et Julien Schroyen (2009) avec le jeune Edouard Mondron.

« Aligner deux voitures jouant la victoire constitue certes un avantage mais est aussi plus difficile à gérer en cas de météo changeante, au niveau de la stratégie, etc, » reprend Gilles Terlinden. « D’autant que l’on ne peut pas considérer que ce soit un match de deux Renault face à une Volvo. Nos pilotes se battent entre eux, ce sont des clients payants et chacun veut la meilleure stratégie pour l’emporter. On ne peut donc pas mettre nos œufs dans des paniers différents par exemple sur le plan des choix de pneus. »

Et si les voitures 1 et 2 luttent pour la gagne à une heure de l’arrivée y aura-t-il des consignes de prudence, figera-t-on les positions? « C’est un problème de riches face auquel on aimerait bien se retrouver confrontés. On peut aussi rêver d’un podium 100% Delahaye avec la troisième voiture de Viron-Richard-Bordet qui a une belle carte à jouer sur la longueur en misant sur la régularité et la fiabilité. Mais il faut rester les pieds sur terre et ne pas sous-estimer la concurrence. Je suis certain que chez Volvo, Kia, Jaguar ou BMW sont aussi motivés que nous. Ne vendons donc surtout pas la peau de l’ours. Ce n’est pas le genre de la maison. De toute façon, je le répète et ce sera comme cela jusqu’à la fin du championnat : chaque roulera sans consigne mais dans un esprit d’équipe cher à Delahaye. Je compte juste sur l’intelligence de mes pilotes pour ne pas s’accrocher et préserver la mécanique. Je rappelle que c’est de l’endurance. Il faut d’abord surtout éviter les ennuis, les crevaisons, les accrochages avec les doublés. On sait de quoi on parle. Sur les trois dernières années, notre voiture de pointe est sortie ou s’est accrochée à quatre reprises alors qu’elle était en tête. Cette édition s’annonce particulièrement disputée et difficile avec une météo changeante et de gros risques d’averses. Il faudra éviter les pièges et essayer de marquer un maximum de points après 3 et 6h. Après, chacun verra les risques qu’il veut prendre en fonction de sa position au championnat. J’espère juste qu’on offrira un aussi beau spectacle qu’au Mans le week-end dernier. Et qu’on vengera les marques françaises… »