2013funcup25h

Disons-le d’entrée de jeu : les 25 Hours of Francorchamps édition 2013 auront été un week-end noir pour le Delahaye Racing Team.

Alors que l’équipe nourrissait de légitimes ambitions de podium, les dieux de la mécanique en ont décidé autrement, un mauvais sort s’acharnant sur les trois voitures engagées.

C’est tout d’abord la Be Trophy 264 Rétrodor, tenante du titre 2012 et victorieuse ici même douze mois plus tôt, qui connaissait un bris d’échappement et de turbo après cinq heures trente de course, l’obligeant à un long arrêt qui la faisait passer du haut du classement à ses tréfonds.

Si leurs rêves d’une seconde victoire longtemps caressés s’envolaient, Alexandre Viron, Gauthier Engisch, Laurent Richard et Pierre Etienne n’en sont pas moins repartis le couteau entre les dents pour une longue remontée, avec pour objectif de recoller au plus près de la tête de course.

Las, Gauthier percutait un concurrent au-dessus du Raidillon au milieu de la nuit et ramenait une voiture dont le radiateur laissait échapper de grosses gouttes d’eau bouillante. Une nouvelle réparation éclair et la Be 264 retrouvait fort heureusement la piste mais à nouveau loin dans le classement général. Contrairement à certaines règles de solidarité d’usage en cyclisme, les autres pilotes ne l’ont pas attendu !

Aux deux tiers de l’épreuve, c’est enfin la boîte de vitesses qui décidait à son tour de rendre l’âme, signant par la même occasion l’abandon définitif de cette Be bien malchanceuse.

Le changement de pare-brise – largement marqué par une projection de pierres lors du premier relais – relève de l’anecdote au regard des autres problèmes rencontrés …..

’Nous avons vu qu’une Evo 2 bien pilotée était toujours compétitive face aux nouvelles Evo 3. Notre auto était bien préparée, la stratégie élaborée par le team était excellente. Nous avons très vite pointé aux avant-postes et nous avions toutes nos chances de finir la course sur le podium mais là, nous avons collectionné les soucis de façon incroyable ! C’est une édition des vingt-cinq heures à oublier’’ explique Laurent, avant d’ajouter ‘’Nous reviendrons l’année prochaine, parce que c’est une course très sympa et qu’on ne va pas rester sur cette contre-performance !’’

Pour la Be Evo 3 numéro 255 pilotée par Benoît Visnovsky, Didier Van Dalen, Arthur Tanghe, Guillaume et Édouard Mondron, ce fut également un bris de boîte qui sonna le glas de leurs espoirs.

Si celle-ci fut changée dans un délai très court, le temps perdu ne sera bien sûr jamais rattrapé. Malgré une motivation jamais prise en défaut et une ténacité sans faille entretenue jusqu’au terme de l’épreuve, ils devront se contenter d’une anonyme 14ème place bien loin de refléter leur potentiel.

’Ces jeunes ont du talent et ils ont bien préparé leur course. Les voilà bien mal récompensés de leurs efforts’’ résumera Thierry Van Dalen – le père de Didier – peu avant l’arrivée.

Avec le double de points accordés ce week-end par rapport aux autres meetings de l’année, faut-il préciser que les pilotes de ces deux voitures réalisent ici une très mauvaise opération au classement du championnat ?

Terminons par la 365 biplace aux couleurs Carpass qui – outre son rôle de taxi le rapide du monde – revendiquait la victoire dans sa catégorie. Elle échoue elle aussi dans le bas du classement.

Retardée par d’inextricables problèmes de frein auxquels on ajoutera une roue arrachée le dimanche matin lors d’une spectaculaire sortie de piste, cette voiture pourtant performante aura vu plus souvent que de raison la lumière des néons de son box, au grand désespoir de Stéphane Lémeret, Alain Vercammen, Miguel Coppieters et Arnold de Quirini.

Consolation : la trentaine de passagers embarqués à son bord durant ces deux journées auront vécu des instants mémorables. A voir leur sourire et à entendre leurs commentaires, ils ont à l’évidence profité pleinement de cette expérience unique et des sensations distillées par la Be Trophy Carpass.

S’il devait y avoir une coupe pour les mécaniciens, c’est le staff du Delahaye Racing Team qui devrait la brandir avec fierté après tant d’heures d’un travail éreintant. Le stock de pièces a été largement mis à contribution aussi, c’est le moins que l’on puisse dire ……

‘’On n’a pas arrêté une minute ! Entre les relais et les réparations, ça a été du non-stop durant toute la course. Les mécanos ont fait du bon boulot, on peut les féliciter. Après, une course se gagne sur la piste et pas à l’arrêt dans un stand ….. ’’ commente Pierre Sevrin.

’Nous avons accumulé les malchances et les casses. C’est désolant, nous avions préparé cette course à l’atelier durant des semaines, les pilotes ont fourni leur part de travail avec brio. Alors que nous avions pris la tête de l’épreuve un moment, le résultat final est très loin de ce que nous escomptions et de ce dont nous sommes capables’’ conclu Gilles Terlinden.

‘’Certaines pièces n’auraient jamais du casser, il y aura une discussion avec les fournisseurs mais cela ne nous rendra pas les points perdus dans l’aventure. Nous avons fait contre mauvaise fortune bon cœur et chacun a mis du sien pour que l’ambiance soit celle que nous connaissons durant toutes les courses. À défaut d’un brillant résultat sportif, ces vingt-cinq heures auront été conviviales. De la cuisine située sous l’auvent à l’arrière du stand jusqu’au mur qui borde la piste en passant par le box ou les places réservées aux ingénieurs, personne n’a fait l’économie d’un sourire ou d’un bon mot. C’est l’esprit Delahaye et c’est déjà une victoire en soi !’’ conclu-t-il, philosophe.

On se donne donc rendez-vous dans un an, même heure et même endroit, pour la revanche !