Renault Mégane DRT : on va tout faire pour gagner !

Relevant pour la première fois le grand défi des 24 Hours of Zolder, la Renault Mégane Trophy Silhouette Delahaye a déjà confirmé ses grandes ambitions lors des essais disputés mercredi et jeudi sous la canicule. Au terme des cinq heures de séances qualificatives, la splendide Silhouette rouge a décroché un inattendu quatrième chrono absolu, le meilleur des Silhouettes, à deux secondes seulement de la pole signée par l’intouchable Chrysler Viper GT1, mais surtout à un dixième de seconde à peine de la plus rapide des GT3, juste devant l’autre voiture du team Delahaye-Francorchamps Motor, une GT au Cheval Cabré.

Une Renault battant en performances pures des Ferrari, Dodge, Lamborghini, BMW, Mosler ou Ford Mustang, c’est déjà un exploit signé Maxime Soulet avec un chrono de 1.34.0 sur une piste pourtant loin d’être rapide en raison de la chaleur. « Cette Mégane est vraiment fantastique, le châssis et la boîte de vitesses sont extraordinaires, il manque juste encore un peu de chevaux. On en veut toujours plus, » confie Max à qui on avait confié le seul train de pneus neufs et la mission de qualifier l’auto dans le Top 6. Un premier objectif plus qu’atteint : « J’ai réalisé mon meilleur temps de nuit, à la lueur des projecteurs éclairant désormais bien la piste, avec une température un peu plus fraîche. »

Endossant bien volontiers le rôle de capitaine de la « Dream Team » réunie par Renault et ses partenaires, Marc Goossens ne tarissait pas d’éloges non plus à l’égard d’une monture et d’une équipe découvertes la semaine dernière. « Cela me rappelle la Formule 3, je situerais cette Mégane entre le kart et un proto LMP2. La tenue de route est phénoménale. Le freinage impressionnant, » s’exclame le « Goosse » qui, à 39 ans, vise un cinquième succès dans la classique limbourgeoise. « Notre plus grande force, en dehors de la voiture, est notre homogénéité : on est tous dans la même seconde et on a tous quasi la même taille à quatre cm près et le même poids, entre 69 et 72 kg. C’est l’idéal pour une endurance. »

Issu de la Formule Renault 1.6, le jeune Ludovic Sougnez participe à ses premières 24 Heures de Zolder dans les meilleures conditions. C’est aussi lui qui possède le plus d’expérience des grosses Silhouettes. « La Renault a clairement moins de puissance que la BMW ou la Mazda que j’ai pu imposer ici, mais cela est compensé par une boîte de vitesses au volant permettant de passer les rapports plus vite et par une tenue de route digne d’une monoplace. Elle colle vraiment à la piste et procure un réel plaisir de pilotage. Maintenant, j’ai bien compris que ce week-end le but pour moi n’est pas d’aller le plus vite possible, mais de tenir un rythme et de démontrer que je peux aussi être un très bon pilote d’endurance. L’équipe a un objectif bien précis : gagner. Et je compte bien apporter ma pierre à l’édifice en redoublant notamment de prudence lors des dépassements des concurrents plus lents, les plus dangereux n’étant pas nécessairement ceux pilotant les plus petites autos… »

De son côté, le leader du championnat FIA GT et récent vainqueur des 24H de Spa Anthony Kumpen est aussi séduit par les qualités routières de la plus sportive des Mégane. « C’est la première fois que je pilote ce type d’auto et celle n’a rien à voir avec le pilotage d’une GT. J’ai très peu roulé en essais, mais je suis confiant. Les Viper GT1 sont intouchables sur un tour. Elles n’ont pour moi rien à faire dans cette course. Mais ce n’est pas grave. Au final, avec la compétitivité de l’auto, sa fiabilité, l’expérience du team, un des si pas le meilleur du paddock, et surtout l’équipage que nous possédons, j’estime que nous avons le meilleur package global pour remporter cette course. Ce serait la cinquième fois pour moi, mais surtout la première fois qu’un pilote remporte les 24H de Spa et de Zolder la même année. J’ai hâte d’être au départ. »

Un envol que prendra Marc Goossens après avoir participé samedi matin au warm-up.

« Vu la valeur de tous nos pilotes, j’ai décidé d’établir les relais par ordre alphabétique, » confie Thierry Tassin, nommé responsable sportif de l’équipe, comme lors de la première victoire aux 12H de Spa en 2007 et lors du podium aux 24H de Dubai début 2008. « Ce sera donc Goossens, Kumpen, Sougnez et puis Soulet. »

Pas trop dur de devoir gérer une équipe de quatre as ?

« C’est toujours plus facile que de devoir manager deux très bons pilotes et deux « peintres ». La sauce a bien pris, » confie le quadruple vainqueur des 24H de Francorchamps descendu de sa chaise de juge-arbitre de tennis du haut de laquelle il possède une meilleure vision globale de la situation et de la piste. « Ce sont tous des team players, des professionnels qui savent ce qu’ils ont à faire. Ils respecteront les consignes de prudence. L’équipe compte sur eux. » Quant à la tactique, pas question de la dévoiler…

« Je souhaiterais juste que nous soyons aux avant-postes vers 4h du matin. Je connais les ambitions du team. Je sais pourquoi nous sommes là. Mais je sais aussi qu’il faut toujours un peu de chance pour remporter une épreuve de 24 heures. Il faudra éviter les embuches et perdre le moins de temps possible au stand. L’équipe Delahaye est bien rodée pour cela. Ils connaissent leur voiture par cœur. On a volontairement peu roulé aux essais. Notre roulage s’est limité à 236 km sur les deux jours. On ne gagne pas une course de 24 heures aux essais. On a préféré épargner une mécanique soumise à rude épreuve ici, surtout s’il fait chaud. »

On laissera le mot de la fin à Gilles Terlinden, l’un des deux patrons du Delahaye Racing Team. « Cela fait trois ans que nous attendions d’avoir l’autorisation de participer avec notre Silhouette endurance à une épreuve de 24 Heures en Belgique. Zolder est certainement le tracé le plus exigeant. Aller au bout constituerait déjà une victoire pour une première. Mais nous sommes des sportifs avec de grandes ambitions. On veut placer la barre le plus haut possible et on ne veut pas se contenter d’une victoire de catégorie. On va essayer de battre toutes les GT, les GT1, GT2 et GT3. Ce serait fantastique pour Renault et tous les partenaires qui nous soutiennent dans ce projet. On a fait tout ce qui était possible, soigné les moindre détails. Maintenant cela reste une course et sur vingt-quatre heures tout est possible. On n’a plus qu’à croiser les doigts – mais pas les bras !- jusqu’à dimanche 16h. La journée de repos est bien utile. Ce soir, tout le monde sera tôt dans son lit pour se préparer au mieux à la nuit blanche de samedi. Celle dont on rêve tous depuis des semaines…»